A propos des #DataStory

  • Une #DataStory est l'analyse #DataDriven d'une zone géographique ou encore d'une thématique.
  • Elle a pour objectif d'identifier les besoins locaux pour maximiser et prioriser nos activités
  • C'est une aventure collective construite autour d'équipe de 10-15 agents (géo, technique, #digitalab)
  • Le mode opératoire est le makestorming: trois 1/2 journées de travail collectif
  • C'est enfin un outils de capitalisation et de communication qui a vocation à être approprié, amélioré, répliqué.

Crédits: #CHAG

A propos de l'initiative Sahel 2017

L’Initiative Sahel constitue la contribution de l’Agence Française de Développement à la stratégie sahélo-saharienne de la France face aux crises multiples en cours dans la région. Elle est une déclinaison opérationnelle du Plan d’Action Sahel de l’AFD, validé en décembre 2015, sur son volet « vulnérabilités face aux crises ».


I. Introduction


Copyright: Mercy Corps

Le contexte socio-économique

Le Sahel est une vaste zone traversant plusieurs pays, dotée d’atouts importants mais qui connaît depuis plusieurs années une série de crises multiformes, qui se superposent et s’amplifient. L’analyse menée pour définir la présente stratégie d’intervention révèle que les vulnérabilités profondes qui sous-tendent ces crises sont multiples, parmi lesquelles:

  • une extrême vulnérabilité aux aléas climatiques
  • une croissance fragile et inégalitaire
  • une transition démographique loin d’être inachevée
  • une pauvreté chronique et un faible développement humain
  • de fortes tensions autour des ressources naturelles
  • un déficit de gouvernance structurelle
  • in fine, des contrats sociaux sous tension.

Toutefois, l’analyse met en lumière plusieurs facteurs de résilience qui sont autant de leviers à renforcer. Il s’agit, entres autres:

  • d’une forte demande d’Etat
  • de mécanismes locaux d’entraide et de solidarité
  • d’une importante mobilisation régionale et internationale
  • d’une coordination renforcée en matière de diplomatie, de sécurité et de développement
  • et enfin des mesures prises par les différents pays dans la lutte contre le trafic illicite, la corruption, le crime organisé et le terrorisme.

Vulnérabilité aux aléas climatiques et crises

La région sahélienne est soumise à une extrême vulnérabilité face aux aléas climatiques et est en proie à des sécheresses récurrentes, à la désertification et à des inondations. Du fait de sa récurrence et de son intensité, l’instabilité climatique a des impacts importants sur les moyens de subsistance des populations et la sécurité alimentaire avec des conséquences particulièrement marquées et durable. Ces changements climatiques induisent de nombreuses conséquences : augmentation des tensions communautaires autour des ressources naturelles, fragilisation des systèmes de production et les modes de vie des populations (notamment agropastorales), impact négatif sur les économies qui reposent en grande partie sur l’agriculture et l’élevage.


Macroéconomie

Indicateurs sélectionnés:

  • Taux de Croissance du PIB | Banque Mondiale | code: NY.GDP.MKTP.KD.ZG
  • PIB par habitant PPP (Constant 2011 international USD) | Banque Mondiale | code: NY.GDP.PCAP.PP.KD
  • Investissement total (% PIB)| FMI-WEO | code: NID_NGDP
  • Inflation (% évolution), Average Consumer Prices | FMI-WEO | code: PCPIPCH
  • General Government Revenu (%GDP) | FMI - WEO | code: GGR_NGDP
  • General Government Total Expenditure (%GDP) | FMI - WEO | code: GGX_NGDP
  • General Government Gross Debt %GDP | FMI - WEO | code: GGXWDG_NGDP
Croissance du PIB et PIB Par Habitants

Les pays du Sahel ont connu au cours des dernières années une croissance économique souvent supérieure à 5% par an. Cependant, cette croissance est particulièrement vulnérable aux chocs extérieurs et beaucoup d’analystes estiment qu’il s’agit d’une croissance économique « sans profondeur » essentiellement basée sur un modèle économique rentier et qui se traduit par un sous-emploi massif. Par ailleurs, seule la Mauritanie possède un PIB/capita dans la moyenne des pays d'Afrique Sub-saharienne. Le Mali et le Tchad puis le Burkina et enfin le Niger ferment la marche, etc.

Ces modèles économiques se traduisent par de fortes inégalités sociales, verticales et horizontales, qui sont d’autant plus importantes que la croissance économique est forte. La question de la qualité de la croissance reste donc entière dans la sous-région, au regard des fortes inégalités entre groupes et régions et d’indicateurs sociaux dégradés.

Une pauvreté chronique et un faible développement humain

Les pays du Sahel figurent depuis longtemps dans le classement des « pays les moins avancés » des Nations Unies. En 2014, le PIB par habitant est par exemple de 359 dollars au Niger et de 744 dollars au Mali contre une moyenne de 1571 dollars en Afrique Subsaharienne . Par ailleurs, sur les 188 pays du classement selon l’Indice de Développement Humain (IDH), la Mauritanie se classait en 2015 au 156ème rang, le Mali au 179ème, le Burkina Faso au 183ème, le Tchad au 185ème rang, et le Niger occupait la dernière place. Le faible niveau de développement humain représente un frein dans la lutte contre la pauvreté. Or, parmi d’autres facteurs, la pauvreté peut participer à l’augmentation des trafics illicites, faute de sources alternatives de revenus.

Pauvreté Multidimensionelle


Dette publique brute (% PIB) (General Government Gross Debt %GDP)
Recette publique (%PIB) et Dépenses publiques totales (%PIB)

Investissement total (% PIB) et Inflation (% évolution)

II. Enjeux démographiques


Copyright: Raymond Woronko


Une transition démographique inachevée

Aux vulnérabilités économiques (manque d’opportunités) et sociales (inégalités) s’ajoute la forte croissance démographique qui absorbe les fruits de la croissance économique de la région et promet d’augmenter les pressions multiples déjà à l’œuvre, entretenant dans ces pays de profondes tensions sociales et intergénérationnelles.

Population

Au Sahel, la transition démographique n’est pas achevée : malgré la baisse des taux de mortalité, les taux de fécondité demeurent élevés. Les taux de croissance démographique, de 3% en moyenne par an pour le Sahel , sont les plus élevés au monde : la population sahélienne pourrait doubler d’ici 2030, et tripler d’ici 2050 . Ces trajectoires de population induisent au moins trois conséquences : la difficulté à obtenir de réels progrès économiques et sociaux, la densification d’une grande partie des territoires et enfin, une arrivée massive de jeunes en âge de travailler sur un marché du travail pauvre en emplois formels.

Santé
  • Espérence de vie à la naissance, femmes (années) | Banque Mondiale | code: SP.DYN.LE00.FE.IN
  • Espérence de vie à la naissance, hommes (années) | Banque Mondiale | code: SP.DYN.LE00.MA.IN

La région étant marquée par une croissance démographique proche de 3% par an, l’accélération de la transition démographique constitue un défi majeur. Contribuer à cette accélération implique nécessairement de s’inscrire dans le temps « long » des changements de i) comportements et ii) des rapports de genre, et nécessite des interventions pluridisciplinaires. L’initiative permettra l’émergence d’une nouvelle génération de projets visant à agir sur les déterminants de la fécondité, en combinant des actions dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la recherche-action, de la protection sociale ou encore de la gouvernance.

Education
  • Taux d'alphabetisation, jeunes femmes (% des femmes ages 15-24) | Banque Mondiale | code: SE.ADT.1524.LT.FE.ZS
  • Taux d'alphabetisation, jeunes hommes (% des hommes ages 15-24) | Banque Mondiale | code: SE.ADT.1524.LT.MA.ZS
Dépenses
  • Dépenses de santé du Gouvernement, total (% du PIB) | Banque Mondiale | code: SH.XPD.TOTL.ZS
  • Dépenses d'éducation du Gouvernement, total (% of PIB) | Banque Mondiale | code: SE.XPD.TOTL.GD.ZS

Sources: Banque Mondiale, FMI


Dépenses de Santé et d'éducation

Exemple d'identification des besoins d'enseignants au Mali

III. Développement local


Copyright: CNN

La population sahélienne est majoritairement rurale. Selon les pays, entre 60 et 70% de la population active est occupée dans des activités agricoles et d’élevage. Les conditions climatiques (arides et semi-arides) sont contraignantes mais autorisent un développement agricole riche en emplois décents si (i) des investissements publics et privés sont réalisés, notamment dans l’irrigation et si (ii) une gouvernance territoriale moderne (représentative et administrative) est reconnue comme garante d’un nouveau partage des ressources (la terre, les pâturages, l’eau, les forêts) et efficace pour améliorer la qualité de la vie (l’eau potable, le dispensaire, l’école, l’énergie, l’éclairage) par les ayants droits, citoyens, ressortissants.


Opportunités

Développement local

Infrastructure
  • Accès à une source d'eau potable (% de la population ayant access) | Banque Mondiale | code: SH.H2O.SAFE.ZS
  • Abonnement téléphone portable (pour 100 pers.)| Banque Mondiale | code: IT.CEL.SETS.P2
  • Internautes (pour 100 pers.)| Banque Mondiale | code: IT.NET.USER.P2
Accès à une source d'eau potable

Connexion aux réseaux

IV. Insertion socioéconomique des jeunes


Copyright: World Politics Review


De plus en plus exposée aux conflits et aux réseaux criminels, mais aussi de plus en plus éduquée et connectée, la jeunesse sahélienne qui représente une part croissante de la population, semble mal intégrée dans le monde du travail, peu écoutée, et insuffisamment protégée (santé sexuelle et reproductive pour les jeunes, santé, nutrition et droits de l’enfant, travail précoce, décrochage scolaire des filles notamment,). Cette situation de grande vulnérabilité, quand la jeunesse représente pourtant le plus grand nombre, s’accompagne d’un déficit de représentation des jeunes.


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V. Gouvernance et sécurité


*Copryright: Danish Institute for International Studies*


Les pays du Sahel font face à de nombreux défits en matièe de gouvernance qui favorisent l’instabilité politique. Ce phénomène n’est pas nouveau puisque le Sahel connait des crises récurrentes depuis les années 60 avec des périodes de violence de nature différente selon les pays . Les crises récentes sont apparues dans un contexte de faible gouvernance, où les Etats ne remplissent pas convenablement les fonctions régaliennes de base (armée, sécurité, justice, administration) et ne fournissent pas efficacement des services essentiels (éducation, santé, énergie, infrastructures) sur l’ensemble du territoire . A cela s’ajoute la perméabilité des frontières, qui rend difficile le contrôle des trafics et des actions terroristes. En matière de gouvernance, les pays sahéliens figurent parmi les pays les plus mal classés des évaluations .

Des contrats sociaux sous tension

Dans l’écart croissant entre les attentes légitimes des populations et la réalité des services mis à disposition par les autorités publiques se logent une frustration et une défiance grandissante vis-à-vis de l’Etat. Dans certaines parties du territoire, le très faible développement économique et social renforce le sentiment d’injustice ressenti par certaines communautés qui se définissent par leur territorialité, leur religion ou leur ethnie, qui accusent l’Etat central de les négliger au profit d’autres groupes. Les inégalités horizontales, qu’elles soient réelles ou perçues, fragilisent le contrat social et conduisent à la perte de légitimité de l’Etat vis-à-vis de certains groupes sociaux ou ethniques. Dans les centres urbains et dans les campagnes, les jeunes sont confrontés à un manque de perspectives sociales et économiques lié à la faiblesse du système éducatif, à des difficultés d’insertion sociale et professionnelle et à un déficit de représentation démocratique , alors même qu’ils sont de plus en plus exposés aux conflits et aux réseaux criminels qui apparaissent comme des modèles et des sociétés alternatives.


Les pays de la région sahélienne concernés par l’Initiative Sahel sont tous affectés, à différents niveaux, par des conflits ou des menaces sécuritaires. Parmi eux, deux conflits majeurs continuent de marquer la zone: le conflit au Nord-Mali et l’expansion du groupe Boko Haram. Aujourd'hui, la menace djihadiste est toujours élevée, tandis que les trafics perdurent.

En 2012, la crise politico-sécuritaire au Mali a failli provoquer l’effondrement de l’Etat après la prise de contrôle des provinces du nord par la rébellion touareg, suivie d’un coup d’état militaire à Bamako et de l’arrivée de groupes armés djihadistes. Cet effondrement a été évité grâce aux interventions militaires maliennes et françaises et à la signature en juin 2015 de l’accord de paix entre le gouvernement malien et les rebelles de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). Cependant, au premier trimestre 2017, la mise en œuvre de l’accord de paix progresse difficilement. Le processus de Désarmement, Démobilisation et de Réintégration des anciens combattants (DDR), par exemple, n’a pas démarré. Parallèlement, la situation sécuritaire demeure profondément incertaine. Dans le nord du Mali, bien que les groupes terroristes ne contrôlent plus aucune ville, les violences se poursuivent contre les forces de sécurité internationale, les forces maliennes et les civils. Le centre du Mali fait face à une montée de violences liées à la formation de milices d’autodéfense, de groupes armés défendant la cause peule et de mouvements djihadistes tandis que les frontières maliennes continuent de constituer des foyers d’insécurité.

Au Sahel, la coopération s’intensifie entre les groupes terroristes qui ont recours aux attentats-suicides, prises d’otage et assassinats (ciblés contre les populations, les intérêts occidentaux, notamment français), et leurs alliés dans la région. Les groupes terroristes représentent une menace complexe qui ne cesse d’évoluer dans sa forme, son envergure et ses méthodes. Aujourd’hui, l’espace d’action de ces groupes s’est réduit grâce à l’intervention des armées nationales et internationales, mais le nombre de pays concernés par la violence terroriste et le nombre de victimes civiles et militaires ne cesse d’augmenter . Parallèlement, l’insécurité grandit dans une grande partie de l’espace sahélien ; c’est particulièrement le cas des espaces frontaliers. Ces foyers de tensions sont porteurs de risques d’escalade de la violence et doivent donc faire l’objet d’une attention particulière.


Conclusion


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